Japon : roman-photo (2)

La suite, que j’ai préparée avant notre vol mais vous la découvrez alors que nous sommes dans l’avion pour San Francisco : il est moins une pour vous montrer la suite des photos !

Dire que nous visitons tout ce qui est sur notre chemin, chateaux, palais, mausolées, musées… A vrai dire, nous ne sommes pas très bons pour les visites. Parce que nous passons de meilleurs moments dans un onzen naturel (bain d’eau naturellement chaude) trouvé par hasard, à vélo sur une route dans une forêt de bambou, en train de goûter assis devant un sanctuaire solitaire, sans parler des dîners chez des hôtes joyeux, des matinées ensoleillées, des assiettes de sushis et autres délices japonais, etc etc. Mais quand même, nous ne tirons pas la langue à tous les sites recommandés… Et la preuve aujourd’hui, avec ces photos. 

Et d’abord celles de Koyasan. La montage Koya, non-loin d’Osaka, abrite plus de cents temples bouddhistes. Les pèlerins viennent nombreux visiter temples, cimetières, portes et pagodes et prier le bonze Kukai, qui serait toujours en méditation dans une chambre dont la porte est fermée depuis plus de 1000 ans ! Le mausolée de Kukai est à quelques mètres de là : on ne comprend pas bien où il est le bonze…

 

Non loin de là, l’ancienne capitale impériale : Nara. Nous nous y sommes arrêtés, n’attendant rien de spécial : c’était sur notre route vers Kyoto. Mais j’ai adoré le parc avec les daims en liberté qui se laissaient approcher pour un selfie et les arbres nus du grand parc. A Nara, nous avons dormi dans un temple bouddhiste ; Andrés a sonné l’énorme gong à 18 heures, 3 fois 30 secondes et le lendemain, nous avons été réveillés à 6h par le vieux moine qui a psalmodié de 6 à 7h, avec tambours et clochettes, à deux mètres de nos têtes,

Puis nous avons passé une semaine à Kyoto, profitant du nombre élevé de touristes pour vendre notre marchandise. Pour la première fois au Japon (ce n’est jamais arrivé en Corée), nous avons dormi dans un hôtel, en l’occurence une guesthouse. Et c’était bien ! Là, nous nous sommes apperçu que ça faisait longtemps que nous n’étions pas à notre rythme. Parce que la contrepartie d’être chez des gens tous les jours (ce dont nous ne nous plaignons pas, loin de là ! ) est que nous sommes à leur rythme  : nous mangeons ce qu’ils mangent et quand ils mangeant, nous nous levons quand ils nous réveillent (toujours assez tôt), nous partons quand ils partent au travail, etc. Pouvoir choisir nos horaires, cette fois, nous fait du bien. 

Nous avons visité quelques sites. Vous savez peut-être ce qu eje vais dire : après les sanctuaires et les temples que nous avons eus pour nous seuls au cours de notre traversée du Japon, nous avons eu du mal à apprécier les lieux pleins de visiteurs occupés à faire des selfies et acheter des porte-bonheur. 

 

Avant d’arriver à Tokyo, nous avons passé quelques jours près du Mont Fuji, dans un chalet avec Taka et Cheko, amis japonais francophones rencontrés à Miyazaki. 

 

Vous savez (presque) tout sur nos trois mois au Japon ! Les prochaines nouvelles seront donc de Californie !

Yohohama, Japon

Le 19 février 2017

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Japon : le roman-photo

À deux jours de notre vol pour San Francisco, nous vous livrons les photos des trois mois que nous avons passés sur l’archipel. 

Illustrons, racontons d’emblée la première nuit passée à la campagne, près de Fukuoka (île de Kyushu). Le ciel est orageux,  nous cherchons un toit : une grange, un hangar, un garage que sais-je, un abri pour notre tente. Nous posons la question aux habitants d’un hameau. Non, c’est non, éternellement non. À croire que c’est si grave de camper dans une grange. Les voisins s’attroupent et se consultent, passent des coups de fil. Personne ne prend le risque de nous mettre au fond de son garage. Nous finissons par être guidés vers un supermarché désaffecté qui a le mérite de posséder encore un toit un chouia bringuebalant. Merci monsieur de nous avoir indiqué ce lieu charmant où vous n’auriez jamais dormi. Plus tard, nous cherchons un supermarché ouvert pour acheter de quoi dîner et croisons un homme et parlons un peu. Il fonce demander à sa femme, nous le suivons à toute allure (il ne nous a pas dit de le suivre, il fonce sans nous attendre), nous faisons le gué devant chez lui, mais cachés parce que nous ne sommes pas censés être là, mais finalement c’est oui, et ce furent eux nos premiers hôtes. 

Le lendemain, nous dormons dans un sanctuaire shinto. C’est notre première semaine au Japon, nous ne sommes pas encore familiers des us et coutumes du shintoïsme. Nous apprendrons plus tard que les marches d’entrée font partie du sanctuaire et qu’il faut se déchausser avant la première. Avec le temps, nous nous montrerons plus respectueux…

Nous dormirons souvent dans des temples bouddhistes et des sanctuaires shinto, la plupart du temps invités par les prêtres et moines qui les tiennent. Nous partageons alors la soirée avec les religieux et leurs familles et apprenons avec surprise que l’on est moine de père en fils. 

 

Nous avançons vers le sud, longeant la côte ouest de l’île de Kyushu. Nous dormons presque toutes les nuits chez des Japonais. À partir de maintenant, les nuits sous la tente sont de plus en plus rares car 1) la nuits tombe tôt ; les soirées sont longues ; il faut bien passer la soirée quelque part ; nous n’avons pas assez de livres et de films pour occuper tant de soirées sous la tente, 2) il fait froid, 3) nous ne nous lassons pas de goûter soir et matin la bonne cuisine japonaise et de dormir sous des couvertures sur des tatamis. Ci-dessous, un aperçu de ces rencontres.

En décembre, Andrés et moi avons séparé nos chemins : chacun de son côté, nous avons suivi une route différente.  » C’était trop bien !  » De ce bout-là, j’ai déjà parlé iciiciici, et 

Regardez maintenant quelques détails qui nous ont plus ou marqués… Pour n’en citer que quelques uns : la beauté (et la taille) des arbres, les machines à boissons PARTOUT même sur une route forestière, les onzens (bains chauds) en pleine nature, les pantoufles à l’entrée d’un « coin laundry », la folie des selfies, les kimonos en location dans les endroits touristiques, l’incroyable maillage de routes, les baguettes miniatures pour enfant (trop mignon), and so on.

 

Yohohama, Japon

le 19 février 2017

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Ces soirs où j’étais seule (sept et huit – et fin)

Le septième soir, je décide de m’arrêter tôt. Le sixième soir, le processus a été un peu lent et je suis arrivée tard à la maison ; la soirée m’a parue courte. Ce soir, j’aimerais une longue soirée et pouvoir me promener. La première maison devant laquelle je me présente est vide, mais une vieille dame attend au volant de sa voiture. Je m’en vais, je sais que ce n’est pas elle. En repartant, je vois le voisin d’en face qui donne de l’eau à une tortue. Je salue et tends mon papier ; monsieur demande l’avis du « grand-père » de 97 ans – qui doit être son père – parce que nous sommes en fait chez lui, et c’est oui. Je m’installe et pars me balader. Avec les hommes, c’est simple !

Appareil photo au cou, le « petit-fils » de 60-65 ans m’emmène me montrer le jardin d’un centre sportif fermé. Il me fait poser devant une statue qui représente une jeune femme nue jouant du violon qu’il admire longuement. Plus tard, il fera développer la photo et me l’offrira. Nous dînons devant la télévision qui ne dit rien de l’attentat de Berlin ni de l’ambassadeur russe assassiné en Turquie. Le dîner est délicieux, raffiné : une soupe miso, des morceaux de poisson cru (sashimi), une sorte de potimarron cuit avec des champignons et des algues, un flan d’œuf au tofu, et bien sûr un bol de riz (gohan). J’ai trop chaud sous le ventilateur réversible (chaud l’hiver – froid l’été) mais c’est comme ça : on surchauffe la pièce dans laquelle sont installés la télévision, un canapé sur lequel on s’assied peu (on préfère s’asseoir par terre, les jambes sous la table basse dont la nappe se prolonge en couverture chauffante) tandis que les autres pièces sont froides et on n’y va pas. Moi, je préfère dormir dans une chambre froide mais sous plusieurs couvertures. Je dois toujours insister pour que l’on n’allume pas le poêle apporté spécialement pour moi ou le ventilateur s’il y en a un. Parfois, je me fais avoir : il arrive que mon futon soit posé sur un tapis chauffant. S’il a été allumé derrière mon dos, ce double sol me chauffera le dos toute la nuit, même éteint !

Après le dîner, le petit-fils insiste pour que nous allions regarder le départ d’une fusée. Il a l’air d’y tenir. Je crois qu’il est surtout content d’avoir de la compagnie. Nous partons ensemble en voiture, on écoute de la musique sans parler.

Le lendemain, nous prenons le petit-déjeuner devant les infos, mais l’attention des deux hommes est tournée vers le petit oiseau bleu dans sa cage. Ils lui parlent, le petit-fils vient lui caresser les pattes accrochées au grillage. Il pleut à peine ; le grand-père et le petit-fils essayent de me retenir, me disent de ne pas y aller, il fait moche. Je suis au bord des larmes quand ils insistent comme ça pour que je reste encore un peu chez eux, parce que je sais que c’est plus pour eux que pour moi ; parce que je sens qu’ils sont seuls.

***

C’est ma dernière journée de route. Demain, je retrouve Andrés. J’ai hâte, j’imagine nos retrouvailles, se serrer dans les bras longuement, s’embrasser je ne sais encore où, se sourire sans rien dire, rester en silence, retrouver la rassurante présence de l’autre. Puis viendront les mots pour raconter.

Mais aussi, je redoute ce moment. J’ai eu mal, ces jours-ci, de l’écart entre mon flot de paroles envoyées à Andrés et les moins fréquentes nouvelles, la plupart terre à terre, que j’ai reçues de lui. Devrais-je lui reprocher de n’avoir pas suivi le rythme que je proposais, mes règles du jeu tacites ? Saurai-je faire semblant d’avoir été satisfaite par notre communication afin d’éviter de gâcher nos retrouvailles ? Embarrassée par ce dilemme, je n’osais pas aller trop vite, avancer d’un jour mon arrivée au lieu de rendez-vous.

***

Le huitième soir. Je roule tout l’après-midi sur une route étroite, en forêt. J’ai un mauvais pressentiment. Aucune voiture ne passe, ce qui veut dire certainement qu’il n’y aura aucune maison avant… Je ne me trompe pas, je roule, je roule et ne vois personne, ni un chat ni un toit. Je m’inquiète car l’heure tourne. J’essaie de me rassurer, en vain. Je finis par voir quelques maisons. Nulle voiture garée : c’est mauvais signe. Je m’arrête pourtant et je sonne à la porte de plusieurs d’entre elles. Seul le silence me répond. Je ne trouve aucune inspiration pour devenir sereine mais je ne sais pas quelle décision prendre. Je suis aux aguets parce que je sens que je me trompe. J’attends un signe pour faire demi-tour. Un type passe, je l’arrête. Il m’indique que devant, il n’y a aucune maison avant 13 ou 30 (je ne comprends pas) kilomètres. C’était le signe que j’attendais pour descendre immédiatement dans la vallée et chercher en bas un toit.

Je rentre dans la première cour que je vois ; la vielle dame me chasse d’un revers de main, et je lui dis quelque chose comme « merci, hein, quand on a besoin ! C’est galère ce soir ! Merci pour votre aide ! » d’un ton un peu vilain, ce que je ne souhaitais pas mais ça m’a échappé parce qu’il est tard, que je me suis inquiétée et que je suis fatiguée.

Plus loin, je suis une voiture qui rentre chez elle. J’aborde le couple, leur montre mon texte, mais c’est non. Ils ne savent pas comment me le dire, ils cherchent une excuse : « Demain matin… » Je reste plantée un court moment puis les remercie d’un ton un peu cynique, ce que je ne voulais pas, mais ça m’a échappé. En roulant vers la maison voisine, je fonds en larmes d’épuisement, de découragement, de déception. La voisine lit mon texte avec attention, passe un coup de fil et revient me dire non. À ce moment, la dame d’à côté revient et me dit de venir chez elle, ce qui me fait exploser en sanglots – d’émotion, de soulagement. Elle me tapote sur le dos, rassurante, amicale.

Le couple est gentil. Ils essayent de s’excuser de m’avoir dit non la première fois, et moi je suis terriblement gênée d’avoir été cynique quand ils m’ont dit non. Chacun fait un effort et la soirée est tranquille. Ils sont obèses tous les deux, le dîner vient du 7/ Eleven. J’ai ramassé dans la journée des patates douces que je fais cuire et partage pour accompagner les cochonneries sous cellophane.

Je dors mal, pensant à Andrés. Je suis triste, pas d’être loin de lui mais de ne pas recevoir autant de nouvelles que j’aimerais. Je crois que j’en attends trop. Je crois que j’attends quelque chose de trop précis : cela m’aveugle et m’empêche de voir ce qu’il me tend et m’offre.

***

Il pleut des cordes pour cette dernière journée. Je m’arrête dans un restaurant pour me réchauffer et écrire quelques lignes. Les serveuses sont gentilles et m’offrent du thé et des biscuits. À la fin du service, quand tous les clients sont partis, elles m’apportent un déjeuner. Elles me font écrire sur un carton encadré une dédicace pour le restaurant.

J’ai trop hâte de revoir Andrés. Pourtant, je m’attarde, je laisse s’étirer l’attente, promesse de retrouvailles émouvantes.

En roulant ce matin, la réponse à mon dilemme a surgit. Je souhaite avant toute chose sa liberté. Je le veux libre, je l’aime libre ; en espagnol, ça se disent de la même manière : lo quiero libre.

Pendant ce temps-là, du côté d’Andrés…

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Ces soirs où j’étais seule (cinq et six)

Le cinquième soir, je m’arrête au milieu d’un chemin parce que c’est trop beau… C’est ici que j’aimerais dormir cette nuit ! Je regarde autour de moi et me dirige vers la plus belle maison, celle qui a le plus de fleurs et d’arbustes. Je sonne. La dame, tout en noir, part chercher ses lunettes pour lire mon papier. Je ne sais pas quoi penser : le noir ne me met pas en confiance et elle a l’air sévère, mais elle a sorti son téléphone et commence à passer des coups de fil. J’entends pour la première fois sa voix, qui est claire et assez jeune. La dame en noir sourit même beaucoup et mieux, elle rit ! Cependant, elle a l’air autoritaire, pas très flexible. Je ne sais pas si « c’est elle ». Ma vision est brouillée… Un voisin passe, ils parlent, ils rient. J’attends. Puis la dame en noir essaye de me dire que c’est d’accord. J’ai du mal, au Japon, à comprendre les simples « oui » et « non » et apparemment, je ne me fais pas bien comprendre non plus. Les gestes de la main ne sont pas les mêmes que chez nous ni le ton de la voix et l’expression du visage, si bien qu’il n’est pas rare que le oui que j’essaie de dire soit pris pour un non, à ma grande déception quand on me propose un gâteau ! Cette fois, je finis par comprendre ! Je la remercie et lui dis que je vais faire un tour parce que c’est trop beau. Mais elle me retient : quelqu’un va venir pour me parler. C’est une jeune femme qui parle anglais et vient faire l’intermédiaire avant que la dame en noir et moi ne soyons laissées à nous-mêmes. Je raconte avec plus de détails mon histoire, je réponds à quelques questions pratiques sur les horaires et sur les goûts… Puis l’interprète s’en va et nous sommes seules. Chacune sait ce qu’elle a à faire.

Nous partons pour un onzen, un bain public à l’eau thermale naturellement chaude où hommes et femmes entièrement nus, évidemment séparés, se lavent et se détendent. Douches à la japonaise puis différents bains chaud, très chaud et très très chaud, bains froid et très froid, sauna. On y passe un long moment, à se savonner, se prélasser dans l’eau, suer et se regarder. La dame en noir me guide d’étape en étape, mon montre comment prendre une douche – avant d’entrer dans un des bassons. Je comprends maintenant – enfin ! – pourquoi une précédente hôte m’avait demandé en me montrant la salle de bain : « Sais-tu faire ? » sous-entendu : « sais-tu te laver ? » Je n’avais pas compris sa question mais j’avais compris une chose : il y a un truc ! Et ce soir, je le découvre. On s’assoit sur un tabouret en plastique, on savonne une petite serviette blanche que l’on utilise pour se frotter le corps, on se rince avec l’aide d’une bassine. On recommence encore une fois avec la serviette essorée pour retirer toutes les peaux mortes. Shampoing. Après-shampoing. Ça prend un temps fou de se rincer à la bassine alors qu’il y a tuyau et pommeau de douche ! Mais les Japonais s’aspergent d’eau à coups de gestes maintes fois répétés et apprécient les abondants sauts d’eau plus que le pommeau fluet. Puis on passe dans une piscine chaude, on y reste un moment et on passe à celle d’à côté, encore plus chaude, puis on monte encore d’un cran. Les piscines ont des jets d’eau qui massent les épaules. Sauna, piscine froide, sauna, piscine très froide, etc. La moitié des femmes présentes ce soir-là nous parlent, curieuses de ma présence ; la dame en noir et moi sommes maintenant deux copines, complices au-delà des mots puisque nous n’en prononçons pas entre nous.

Nous allons dîner au restaurant, à l’aise l’une avec l’autre même mot dire. Encore une fois, pas de wi-fi pour demander à Google de traduire des phrases pratiques ou amicales. Nous passons au 7/Eleven parce qu’elle tient à m’offrir des douceurs pour ma journée du lendemain.

Le lendemain, nous prenons un petit-déjeuner calme. Je fais goûter à la dame qui n’est plus en noir mon thé noir qu’elle apprécie : « Oïchii ! » Je suis prête à partir. Au dernier moment, elle me fait signe de la suivre et je la suis dans la chambre de sa fille, sa grande fille qui vit à Tokyo. Elle me montre ses jouets d’enfant et des photos en vêtements traditionnels dans des poses qui me laissent perplexe. Nous nous disons au-revoir. C’est un moment non pas redouté mais peu assuré. Je ne sais jamais que faire en plus des mots, très polis, d’adieu et de remerciements : un geste de la main, une courbette, un sourire ? Tendre la main, s’embrasser sur la joue, se prendre dans les bras ? Je suis surprise que beaucoup de femmes finissent par me serrer dans leurs bras. C’est ce que fait la dame qui n’est plus en noir et cela m’émeut. Je file et me retourne souvent, les premières dizaines de mètres, pour la regarder et la saluer de la main. Elle reste dehors longtemps et secoue elle aussi le bras en l’air.

***

Le sixième soir, je demande à une dame qui me dit non, puis je sonne chez une autre qui me dit en anglais non « because I have some troubles », mais elle me dit aussi d’attendre un peu. Elle appelle un employé municipal qui arrive sur le champ. Je lui raconte mon histoire et ce que je cherche – ce qu’il doit savoir puisque je l’ai déjà dit à la dame qui parle anglais et qui a des problèmes. Il téléphone à une collègue qui parle encore mieux anglais et qui me demande qui je suis et ce que je veux – et qui doit déjà le savoir puisque l’employé lui a parlé avant de me la passer. Mais je répète quand même. Finalement, je dois attendre. L’employé municipal est en train de passer des coups de téléphone pour trouver une famille qui veuille bien m’héberger. Le premier essai, c’est non, mais le deuxième c’est le bon. Mister Soto. Je me laisse guider, je suis la voiture de l’employé : je refais à l’envers les 6 derniers kilomètres que j’avais fait avant d’arriver. Il me laisse sur le parking de la mairie dont les fonctionnaires sortent à grands pas pour voir mon vélo. Je suis fatiguée, je m’assieds sur le côté et les laisse faire ; je les regarde compter les drapeaux, peser mon vélo, rire entre eux avec les « oooohhhooh » que j’aime tant entendre ! Les Japonais ont une intonation bien particulière qui veut dire l’étonnement, la surprise. La voix s’affine et monte à la fin d’une phrase. J’écoute. Puis quelqu’un me guide jusqu’à la maison des Soto. Yoko – Madame Soto – m’accueille dans un anglais appris en Australie et c’est le point de départ d’une super soirée qui commence par un bain, se poursuit à table avec des copains des Soto et se termine sur un tatamis, des boules quiès dans les oreilles parce qu’on veille tard chez les Soto…

J’ai d’ailleurs envie de les accompagner, mais ne résiste pas longtemps à la fatigue. Je repense à l’histoire de cette famille. Mister Soto et Yoko viennent de Tokyo. Lui avait un super job, gagnait un paquet d’argent mais n’avait pas le temps de le dépenser. Quand ils ont eu leur premier enfant, monsieur Soto a demandé à Yoko si elle accepterait de déménager dans la préfecture de Kagoshima, dans le sud de Kyushu, l’île du sud. La campagne. Son idée était de devenir agriculteur. Elle, d’accord pour changer de vie, mais ses parents n’étaient pas du même avis, ayant pour leur fille une autre idée du bonheur que celui trouvé entre les champs, sous le ciel bleu. Mais le couple avec le jeune enfant a fini par les convaincre de les laisser tenter leur chance dans le sud. Et ce départ s’est transformé en success story. Mister Soto est à la tête d’une entreprise agricole de 36 employés. Il ramène des radis, des choux, des oignons le soir ; il rentre chez lui déjeuner ; il est heureux de vivre à la campagne et entouré de nature. Ils vont surfer le week-end. Des amis viennent boire des « macha au lait » ou des « cafés au lait » (en français sur les étiquettes) dans leur maison moderne. Tokyo leur manque ?

Pendant ce temps-là, du côté d’Andrés…

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Ces soirs où j’étais seule (trois & quatre)

Le troisième soir, dans une belle lumière, je me dis que quelqu’un est prêt à me rencontrer et à m’accueillir. C’est Andrés qui a la tente et les affaires de camping ; je dépends donc totalement de l’hospitalité nippone, mais je suis confiante parce que je sais, par expérience maintenant, que les Japonais ne sont pas différents des autres, qu’ils peuvent m’ouvrir leur porte et me faire une place parmi eux et qu’en général, nous passons tous un bon moment qui laisse une trace en nous. Reste donc à trouver ! Pour cela, je dois suive mon intuition et surtout rester sereine et confiante… Je verrai qu’ainsi, c’est la plupart du temps dans la première maison à laquelle je sonne que se trouve quelqu’un qui s’ouvre entièrement à ma présence-surprise.

Je choisis une maison. Elle n’a l’air pas trop vieille, elle n’est pas trop en bois, comme les maisons traditionnelles très belles et souvent habitées par des personnes âgées qui ont plus peur qu’envie de comprendre pourquoi je sonne à leur porte. À côté de la maison est garée une voiture rouge et je me dis que la personne qui choisit d’acheter une voiture rouge doit être un peu… rigolote ? fofolle ? artiste ? C’est un préjugé, mais je dois bien me reposer sur quelque critère pour choisir une maison plutôt qu’une autre ! Donc j’enlève mes gants, mon casque, mon foulard autour des oreilles et je sonne. La dame qui m’ouvre me fait tout de suite entrer. C’est rare que je sois introduite à l’intérieur de la maison avant même de parler ou montrer mon papier. Madame est seule et elle accepte. C’est rare, une femme seule qui accepte de recevoir un ou une inconnu(e) chez elle. Je sais qu’avant d’être à l’aise l’une avec l’autre, nous devons traverser une courte période pour s’habituer à la présence de l’autre, se découvrir, se sentir. C’est une phase assez animale, avec beaucoup de non-dit, c’est le corps qui parle, les sens qui reçoivent ; une phase indispensable. Nous regardons les photos accrochées au mur, je demande qui est qui. Ah, ce bébé est la fille de ce fils sur cette photo-là ! Et ces fillettes, là haut, habillés en geisha, sont les filles de l’aînée. OK, je vois. Et qui joue du piano ? Ah, c’est la benjamine ! Je montre des photos de ma famille. Un peu de temps passe et ça y est, nous sommes bien. Nous préparons mon lit (un matelas fin par terre, recouvert d’une épaisse couverture en guise de drap du dessous, une énorme couette et un oreiller raplapla), je peux me détendre. Plus tard, Madame vient me chercher : elle a fait venir son fils pour que l’on se fasse connaissance, puis nous allons chez son frère pour la même raison, et enfin au restaurant où je peux choisir ce que je veux dans un menu en japonais et sans images.

C’est tard dans la soirée, quand je me relève à cause de la soupe et des verres de thé vert, que je fais la connaissance du mari. Il est en pyjama et nous échangeons des courbettes.

Le lendemain matin, pendant le petit-déjeuner, madame me demande si elle peut faire venir une journaliste et je suis d’accord. Une jeune femme arrive, un gros appareil photo et un bloc-note à la main. Elle ne parle pas anglais mais m’interviewe grâce au traducteur du téléphone. Quand je repars, madame me serre dans ses bras et des larmes glissent sur ses joues blanches.

***

Le quatrième soir, je me dis encore une fois de ne pas m’inquiéter, quelqu’un est prêt à me rencontrer. Cependant, ma voix intérieure ne me pas dit où il est ! J’hésite devant une maison et fais demi-tour avant de sonner : je ne vois pas que c’est là que je suis attendue. Je vais chez les voisins, trois vieux qui papotent dehors, c’est non et ça ne m’étonne pas. Quand je repars, au moment où je franchis le portail apparaît en face de moi venue d’un chemin étroit une femme portant un saut de terre. Nous nous sourions. Je me dis que c’est elle. Nous marchons l’une à côté de l’autre, parlons un peu. Je me présente et cette fois je ne sors pas mon papier où est écrit en japonais, après quelques mots d’introduction, que je cherche un endroit où dormir ce soir, que j’ai matelas et sac de couchage et que demain matin je m’en vais. Je fais des gestes qu’elle comprend et elle me laisse la suivre chez elle. Je tombe nez-à-nez sur son mari qui ne veut pas me sourire et que je vais essayer d’amadouer. Je lui montre mon vélo, les drapeaux, mes affaires. Je lui fais peser mon vélo. Je lui montre la photo de mon neveu Augustin glissée à l’intérieur d’un porte-carte. J’organise ce dont je vais avoir besoin pour la nuit et commente mes gestes pour l’aider à comprendre. Puis ça y est : il sourit ! Il me dit de le suivre dans le premier salon, m’invite à m’asseoir par terre sur un tapis chauffant, il me montre comment mettre mes jambes sous la table basse qui a une nappe-couverture également chauffante et lui prend place en vis-à-vis. Il demande à sa femme d’apporter du thé vert (otcha). Il allume la télévision. Il est à son aise, je me sens bien : c’est là où je voulais en arriver, c’est là que nous nous rencontrons !

Plus tard, trois générations se réunissent pour le dîner. Nous sommes une dizaine à table, nous prenons des photos, les enfants me disent « hello » sans arrêt et je puis dors dans le premier salon à quelques centimètres de la gigantesque télé.

***

Andrés me manque. Beaucoup. Je ne pensais pas qu’il me manquerait autant. Nous nous envoyons des messages vocaux. Je lui raconte tout ce que je vis, ce qu’il m’arrive à l’extérieur et à l’intérieur. Je lui parle des gens qui m’accueillent, de la confiance que j’ai à l’heure de chercher un toit, des lieux où je choisis de faire des pauses, de l’homme qui s’est arrêté pour m’offrir un second petit-déjeuner sur le bord de la route, des beaux arbres que j’ai vus, du thé aux algues – l’a-t-il goûté aussi ? J’entre dans les détails, je lui décris mes ressentis, j’amorce quelques sujets dont j’aimerais parler avec lui quand nous nous retrouverons, je lui renvoie un message que j’ai reçu et qui devrait l’intéresser… Je veux profiter de notre séparation pour avoir une communication différente.

Mais Andrés n’a pas les mêmes envies. Je reçois de ses nouvelles, plus sporadiques et factuelles. Il me dit qu’il n’a rien d’exceptionnel à raconter, que la route qu’il a choisie, plus courte et directe que la mienne, est un peu ennuyeuse. Je le crois, mais j’ai besoin de savoir comment il traverse cette expérience, ce qu’il vit, ce qu’il sent. Je souffre de n’avoir pas autant de nouvelles que j’aimerais.

Ce matin, je roule sur une route chargée. Il faut avancer, ne pas traîner, sortir de là. Quand on est entourée de voitures, comme on se sent seule ! Mais quand on est au milieu des champs ou dans la forêt, jamais ! Puis, je me trompe de route, je dois faire demi-tour et je repars sur la grande route, chaque coup de pédale me coûte. Je m’en veux d’avoir choisi cet itinéraire urbain. Rien ne me motive, je ne veux plus avancer. Je n’ai envie de rien d’autre que de m’arrêter et ne rien faire. J’ai besoin d’entendre la voix d’Andrés. Ça faisait longtemps qu’il ne m’avait pas manqué comme ça.

Je m’arrête devant un coffee shop et entre ; mon idée n’est pas de boire un thé mais de demander s’il y a un wi-fi. Non, mais je peux aller voir le bureau voisin. Là, je me connecte mais ne reçois rien d’Andrés… Je suis trop déçue. Je pars déjeuner entre deux champs, j’étale ma bâche et fais la sieste. Un homme arrive dans sa camionnette, c’est le patron du café, il m’y invite pour me reposer. Je le remercie, mais préfère lire au soleil. Puis un jeune homme s’approche à pied, il est envoyé par le patron du café, qui insiste pour que je vienne. Dans le café, je suis prise en charge, le couple derrière le bar m’offre toute leur attention et leur admiration chaleureuse et pose devant moi un une théière de thé noir et une part de gâteau au chocolat. Je commence à aller mieux et à oublier ce qui me rendait triste. Le jeune homme qui était venu me chercher est journaliste et entreprend une interview sans m’avertir. Je le vois prendre des notes en cachette. Je lui facilite la tâche : « Tu veux m’interviewer ? Vas-y, ça ne me dérange pas ! » Il pose enfin son bloc-note sur le bar !
J’ai passé là deux heures qui ont sauvé ma journée !

Et pendant ce temps-là, du côté d’Andrés…

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Ces soirs où j’étais seule (un & deux)

Premier soir. Je rentre dans un magasin à peu près vide et tends mon texte à l’homme qui s’y trouve. Il me dit que chez lui, non parce que sa femme a mal au genou, mais il me prend par le bras, me fait traverser la rue et se met à interroger les ouvriers qui boivent une bière assis par terre, appuyés contre les roues d’une camionnette. L’un d’eux prend les choses en main, c’est-à-dire qu’il réfléchit, qu’il se lève et qu’il me fait entrer par le sol (!) dans la maison que lui et les autres sont en train de construire. Ils ont déjà levé quelques murs mais il en manque encore et le plancher du rez-de-chaussée n’est pas terminé si bien qu’il n’y a pas de sol, finalement. Sautant de poutre en poutre, je suis l’homme jusqu’à un couloir étroit et court mais terminé, puisqu’il y a une ampoule qui marche : c’est ici qu’il me propose de dormir. J’hésite, l’offre est sincère. Je pense que je peux trouver une meilleure chambre, donc je décline d’un geste de main et d’une courbette. Cinq minutes plus tard, le même ouvrier a une nouvelle lumière ! Il me montre sa voiture… ça me gène, mais je lui dis que non (c’est la première fois qu’on me propose de dormir dans une voiture ! L’idée n’est pas si bête… ) et retourne au magasin. La femme au genou malade me prépare un goûter pendant que son mari passe des coups de fil. Je regarde une grosse araignée filer son fil et je la filme, puis je joue avec le chat. On m’apporte du riz et des saucisses que je garde pour plus tard – je ne sais pas ce qui m’attend – et un gâteau à la banane que je mange dans un état d’extase. Puis le premier homme me dit de le suivre et nous voilà, 3 kilomètres plus loin, chez le barbier et sa femme Naomi, surexcités de m’avoir ce soir ! On m’offre du gâteau au café et on regarde ensemble la carte de l’île d’Amakusa, au large de la plus grande île de Kyushu, parce que c’est là que nous sommes.

Plus tard, je dîne devant le barbier et Naomi qui me regardent et continuent de me poser des questions en japonais. Eux aussi buttent à comprendre que je ne comprends pas ; ils me parlent, insistent, répètent et reformulent. En japonais. Mais je ne sais pas encore dire que je ne comprends pas, alors je fais des mimiques – incomprises ? et essaye de faire répéter les questions. Cela dit, il y a une chose que je comprends : le barbier répète que mon cœur est gros ! Il fait des gestes, touche son cœur, ouvre grand les mains et les yeux. Je suis touchée du compliment !

Le lendemain matin, comme Naomi est déjà partie quand je me lève, le barbier ne sait pas quoi faire pour le petit-déjeuner. Il m’emmène en camionnette dans un 7/Eleven et me dit de choisir ce que je veux pour le petit-dèj, la pause, le déjeuner et le goûter. Et il n’acceptera pas que je sois raisonnable ! Pour chaque article choisi, il met le double dans le panier ! Nous regardons ensemble les horaires du ferry : j’ai un bateau pour l’île suivante dans une heure, il part du port, à 8 km de la maison, donc je suis large. Nous prenons des photos devant le salon puis j’enfourche, et pendant que je petit-déjeune au port, qui vois-je ? Le barbier dans sa camionnette, venu vérifier si je suis arrivée à temps pour attraper mon bateau !

***

Le deuxième soir, je sonne à la porte d’une maison, thermos vide à la main. Une petite dame sort la tête de sa porte à moitié ouverte. « Qu’est-ce que c’est ? », lance-t-elle en japonais. Je la trouve timide : ce ne sera pas chez elle que je dormirai cette nuit ! Je lui demande quand même de l’eau chaude, un pour me réchauffer et deux pour qu’elle s’habitue à moi, puis je lui montre mon papier et elle m’emmène chez ses voisins qui ont une entreprise familiale de murs. Je suis introduite dans le bureau ultra-désordonné (non)tenu par la fille et avec la voisine nous goûtons. Trois découvertes culinaires : poulpe séché, dur à mastiquer, thé d’algue ou d’autre chose (en tous cas appelé kambutcha) et radis mariné. J’aime bien les tasses de porcelaine fine posées sur des sous-verres de Paris : Tour Eiffel, Montmartre…

Je vais dormir chez grand-père et grand-mère. Grand-père ne m’adresse pas la parole, ne me regarde pas et ne sourit pas. Grand-mère compense, son accueil en vaut deux ! Nous faisons mon lit par terre dans un beau salon dont j’admire les calligraphies accrochées aux murs, eux-mêmes ornés de peintures délicates. Une des parois est coulissante. De l’autre côté, c’est le deuxième salon, celui de l’autel aux ancêtres. J’entends grand-père et grand-mère y faire quelques prières et faire résonner le dong. Je les imagine dans l’autre pièce, en recueillement, rassurés de se rapprocher de la mort sachant que leurs proches viendront, quand ce sera l’heure, leur apporter des fruits, des biscuits, des cadeaux, faire brûler de l’encens en leur souvenir et faire sonner le dong en leur mémoire.

Pendant le dîner deux petites-filles adolescentes se mettent à table en face de moi et entreprennent de m’interroger en anglais. La première question est: « Do you have any pets ? » et la deuxième : « Do you like cats ? »

Le lendemain matin, je prends un délicieux petit déjeuner en face du grand-père taciturne et reçois un doggy-bag à l’intérieur duquel une main inconnue a placé un billet de 1000 yen ! (10$)

***

Andrés et moi nous sommes proposés, le temps de notre séparation, de nous filmer, de filmer ce que nous voyons, les personnes qui nous reçoivent, les lieux où nous nous arrêtons… Nous pourrons ainsi nous raconter, en images, sons et couleurs, ces quelques jours de solitude. J’aime chercher et trouver des lieux : sous un grand et bel arbre, au milieu de vieilles pierres pleines de mousse, dans un sanctuaire, sur une plage devant les oiseaux, dans la cabine du ferry vide, etc. J’ai la sensation d’être proche d’Andrés tout en étant loin et c’est une bonne sensation.

Lors d’une pause sur des rochers, je relis la carte qu’Andrés m’a écrite avant que nous nous séparions. Moi aussi je lui ai écris quelques mots – d’amour, vous vous-en doutez bien. Alors que nous nous voyons tous les jours – pire : toute la journée et toute la nuit, que nous nous séparons presque jamais, ces lettres que nous nous sommes échangées après avoir bien réflechi à ce que l’on voulait se dire avant de ne plus se voir tous les jours sont un trésor. Mais plus encore que les mots : le simple fait de se séparer (nous avons fixé une fourchette d’une semaine à dix jours), de prendre du temps chacun pour soi, de reprendre contact avec son propre rythme, ses pensées et le silence, d’être en tête-à-tête avec soi-même, c’est un cadeau pour nous-mêmes et pour nous deux.

Andrés commence à me manquer ; je pense à lui, sans image précise. J’ai déjà envie de le revoir, mais j’ai aussi envie de passer quelques jours seule. S’il me proposait d’écourter cet épisode, je refuserais.

Ci-dessous, les photos des derniers jours avant que l’on prenne deux chemins séparés. Dans les prochaines publications, il y aura les photos du voyage qu’a fait Andrés de son côté. 

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Cycling in South Korea (Video)

Voici le lien YouTube vers notre dernière vidéo. 

Cliquez -> Cycling in South Korea 

Nous voulons par cette courte vidéo partager avec vous ce que nous avons vu en Corée du sud. Puissiez-vous y voir pourquoi nous avons tant aimé ce pays… 

Dos studieux

On pose...

Andrés et Clem

 

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