Route de la Soie, douche géorgienne et tasses de thé

Mail envoyé à ma famille et mes amis quelques jours après mon arrivée en Ouzbékistan.
Je raconte l’épisode où un Géorgien peu scrupuleux a voulu me forcer à prendre une douche…

Boukhara, OuzbekistanPhoto prise du haut du minaret de Boukhara

Août 2007, Boukhara, Ouzbékistan

Assamal aleikoum !
J’écris aujourd’hui de Boukhara (prononcez Boujara, comme GuadalaJARA). C’est une Grande ville, au sens noble du terme. Imaginez des mosquées surmontées de coupoles turquoises, parées de façades grandioses, majestueuses sans êtres écrasantes, ornées de mosaïques bleues, blanches, une ville d’un ancien temps, celui des caravanes de la Route de la Soie.

Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan, ce n’est pas ça. Ce sont de larges avenues, héritage soviétique. J’ai cherché refuge là où l’homme retrouve sa nature d’homme, là où il place la nature au centre de tout : dans l’immense bazar, en particulier dans la partie fruits et légumes, celle qui sent si bon. C’est bien au marché que je verrai les plus beaux visages de ce peuple mosaïque. Celles-ci sont si fières de leurs cultures, ceux-là me séduisent avec leurs fruits secs. Attablée dans un buibui pour les regarder, puis chassée en un instant par un essaim de jeunes hommes. C’est très frustrant de ne pas pouvoir comprendre les nombreuses questions qu’ils posent en russe et en ouzbek à une vitesse incroyable. Je suis la chose, la curiosité, je ne suis pas quelqu’un. On me scrute, on m’observe de loin, certains s’approchent très près, d’autres me touchent. Je réponds à tout par « ia nié panié manou » à tout va (je ne comprends pas, en russe).

J’ai rejoint l’auberge pour trouver Ali l’aubergiste aussi saoul que la veille quand à 8h du matin, il m’avait accueillie avec de la vodka-bière. Là, quelques bouteilles vides sous la table… Il fallait déguerpir, car un mauvais vent commençait à souffler ! Et cet ivrogne de Géorgien qui me regarde de travers ne m’inspire aucune confiance ! Quelques minutes plus tard, j’étais dans sa chambre, sur un malentendu, et lui me forçait à prendre une douche, en sa présence. « duch, duch » me dit-il, en se collant à moi sur le canapé. « Duch niet, duch niet », le repoussai-je autant que possible, et en me levant avec précipitation vers la porte, j’ai été arrêtée net : cette boule de graisse et de sueur nous avait enfermés et la clé était entre ses doigts poilus !

Une fois sortie de là, furieuse contre Ali qui m’avait mise entre les mains du Géorgien, j’ai pris mon sac pour sortir de là au plus vite. Mais Ali a insisté pour que j’avale ses sardines, sa vodka et que je me détende devant sa TV allumée au dessus de ma tête, branchée sur une chaîne de X !

Quand j’eus considéré que j’avais fait assez d’honneur à l’hospitalité d’Ali, j’ai enfin pris mon sac et suis enfin partie à la gare pour prendre le train pour Boukhara. A la gare, un barrage de policiers a confisqué mon passeport pendant une demie-heure sans me donner d’autre information qu’une forte fermée. Attente.

Le train, c’est la fournaise. Mais après l’essaim, Ali le bourré, le Géorgien taré, la vodka imposée, les policiers et la porte fermée, ce train est comme une plage de sable doux. C’est un train cosi cosi, avec l’eau chaude pour le thé, une théière et des tasses sur un petit napperon dans chaque compartiment, des rideaux du meilleur goût, un bon vieux train aux murs finement peints, où il fait entre 30 et 40 degrés, avec et sans clim !

Malgré mon petit niveau en russe et en ouzbek, mais qui s’améliore d’heure en heure, je m’en sors plutôt bien.

Clém

ps : à propos de la langue : à Tachkent la capitale de l’Ouzbekistan, on parle ouzbek, alors j’ai appris des petits mots et des phrases ainsi que les nombres. Mais ici à Boukhara on parle plutôt tadjik : je désespère si à Khiva on parle plus turkmène ( c’est à quelques km de la frontière) et à Samarkand si c’est le russe qui domine !

Publicités

A propos Clémence Egnell

Ce blog décrit, illustre et raconte des moments vécus sur ou à côté de nos vélos, sur les routes d'Europe, d'Asie et d'Amérique. Bonne visite ! Clémence Egnell et Andrés Fluxa
Cet article, publié dans Courrier, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s