Ciel, mes bijoux !

Nutella au goûter

Dans beaucoup de religions, à un moment donné, les fidèles font un effort et se privent de quelque chose, en général de nourriture. Quand on est enfant, au catéchisme avant le carême, on nous dit de penser à ce que l’on aime beaucoup, parce qu’on va s’en priver pour penser aux pauvres, à ceux qui n’ont pas ce que nous avons. On écrit sur un papier que l’on ne mangera plus de Nutella au goûter. En grandissant, on nous dit de faire ce même geste, mais en pensant vraiment aux autres. On nous dit que si ce geste est fait sans penser aux autres, il ne vaut rien, c’est comme si des tonnes de Nutella avaient été avalées pendant le carême.

Amis de la rue

J’étais il y a quelques jours attablée avec des amis de la rue. C’est à eux que les enfants pensant en se privant de Choco Bons :  » Maman, je n’ai pas mangé de Choco Bons aujourd’hui par pensée pour les pauvres « . A table ce soir-là, tous se servent d’un excellent pot-au-feu. Sauf lui, au bout de la table.  » Non merci. Pas de viande. Pas pendant le carême. »

Ça m’a épatée. Un pauvre qui fait carême et se prive d’un plat qu’il ne doit pas manger souvent : à qui pense t-il ? Aux plus pauvres que lui, comme pour se sentir moins pauvre ? Aux vrais pauvres d’Haïti et du Mali, ceux qui n’ont plus rien ou qui n’ont jamais rien eu ?

Et s’il faisait cela en pensant différemment la pauvreté ?

S’il pensait à ceux qui sont autrement pauvres ? Et si lui, le pauvre, avait de la peine pour eux ? Il se dirait alors que ceux qui prennent leur force dans ces morceaux de viande n’ont pas à la chercher ailleurs et qu’ils ratent quelque chose. Ils se dirait que ceux qui ont des morceaux de viande tous les jours doivent passer bien du temps à la faire cuire et la préparer… ils doivent sans arrêt regarder leur montre et voir le temps qui passe et être toujours à le compter et le calculer. Et il ne regrette pas de ne pas avoir à faire cuire de la viande. Ce soir, il a du mal à s’en passer, mais il le fait à ceux qui ont la pauvreté d’esprit de déplacer où est la richesse.
Il se redirait que faute de viande ce soir, il sera obligé de chercher ailleurs où puiser des forces.

En 10 minutes, plus rien ! 

Récemment, je me suis fait cambrioler. Mon appartement a été fouillé et vidé, et un certain nombre d’objets indispensables sont partis avec les voleurs : des milliers de photos (zéro sauvegarde), de morceaux de musique, de textes, de cours ; ils ont volé des bijoux, des petits objets, de l’argent, mon appareil photo, un super objectif… je me suis fait détrousser.

Je vais dire quelque chose que je n’aurais jamais cru dire quand j’avais ce que je n’ai plus : on s’en passe.

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A propos Clémence Egnell

Ce blog décrit, illustre et raconte des moments vécus sur ou à côté de nos vélos, sur les routes d'Europe, d'Asie et d'Amérique. Bonne visite ! Clémence Egnell et Andrés Fluxa
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