Luca

(Después del texto en francés y de la foto sigue el texto en castellano) 

Justement, la veille, je disais à Andrés non, ça ne vaut pas la peine de demander, dans ce genre de quartier ça ne marche jamais, les gens qui habitent ces maisons immenses et magnifiques, en général nous disent qu’ils n’ont pas de place et nous envoient planter la tente ailleurs. Mais un matin nous avons rencontré Luca…. Et lui nous a montré qu’on ne peut jamais savoir qui se trouve derrière une porte !

Donc, ce matin-là, sur la Via Aurelia, la route qui longe la côte méditerranéenne, un type à vélo se met à ma hauteur et s’y maintient, il me regarde, il me sourit et il engage la conversation en français. Quatre questions plus tard, il nous propose de venir chez lui boire un café et goûter la focaccia. Bien sûr, nous serions ravis ! Et c’est la première fois que nous sommes invités en Italie ! Luca, la cinquantaine et en belle forme, nous emmène chez lui, une belle maison tout en escaliers et terrasses, comme accrochée à la corniche, au dessus d’une plage privée et de quelques bateaux. A peine arrivés, nous nous baignons dans l’eau agitée et sombre, guettés par l’orage.

A table à table ! Encore en maillot de bain, Luca nous raconte que quand il était petit, il rêvait d’être marin. Ayant pris le chemin de la finance, il est finalement devenu millionnaire. Aujourd’hui, il est conseiller free-lance, travaillant soit à Milan, soit sur sa terrasse en face de Portofino, et les périodes de rush alternent avec les creux : lorsque tout d’un coup ses téléphones arrêtent de sonner, il sait que les heures sont comptées avant que le tourbillon des affaires ne l’emporte à nouveau. Ce matin, il sait qu’il n’en a pas pour longtemps : encore quelques minutes et il faudra s’y remettre, plonger à nouveau dans le business. Et sachant cela, il nous a quand même invités chez lui et, calmement et lentement, il nous parle et nous écoute, nous sert des boissons et tout ce qui nous ferait plaisir.

Luca, et nous : tout semble opposer nos modes de vie, et pourtant nous nous comprenons. Nous parlons ensemble des moments difficiles qui précèdent et qui suivent les temps d’accalmie, de la sérénité qu’il faut apprendre à maintenir, de l’équilibre indispensable pour avancer sur le chemin que l’on s’est proposé, de ce que l’on ressent après avoir accompli par ses propres forces l’ascension d’une haute montagne…

J’ai écrit ce texte parce que quelques minutes après avoir quitté Luca, Andrés sur son vélo s’est mis à ma hauteur et m’a dit qu’il avait une idée : un début de texte pour que je raconte l’histoire de Luca. Le deal était qu’il me le dirait seulement si je m’engageais à l’écrire. Comme nous blaguons souvent, j’avais peur que son idée soit complètement débile… J’ai quand même dit : je t’écoute.

Et voilà.

Luca

Luca

Fue justamente la noche anterior que le decía a Andrés que no valía la pena intentarlo, que de todas formas en ese tipo de barrios nunca funcionaba, porque suele pasar que la gente que vive en esas casas inmensas y magníficas nos dicen que no, que no hay lugar para acampar. Pero esa mañana nos encontramos con Luca, que nos demostró que nunca se sabe a quien se puede encontrar detrás de cada puerta!

Pedaleábamos sobre la Vía Aurelia, la ruta que pasa por la costa del mediterráneo italiano, cuando un tipo en bicicleta se puso a nuestro lado. Nos miró, nos sonrió y comenzó una conversación en francés, hasta que cuatro preguntas más tarde nos propuso ir a su casa a tomar un café con « focaccia ». Por supuesto! Estamos encantados! Y, además, es la primera invitación en Italia.

Luca, de unos cincuenta y aún en buena forma, nos llevó a su hermosa casa repleta de escaleras y terrazas, al borde de una cornisa y con playa privada. Al llegar nos propuso bañarnos en el mar agitado y oscuro por la tormenta que se acercaba. « A la mesa! ». Todavía en malla de baño Luca nos cuenta que cuando era pequeño quería ser marinero, pero después de haber tomado el camino de las finanzas terminó siendo millonario. Ahora trabaja con grandes industrias como consejero independiente, lo hace desde su terraza frente a Portofino o desde su oficina en Milán. Y nos cuenta, mientras el mar ruge abajo y la tormenta aún no llega, que en esto que hace hay periodos de furia laboral que se alternan con los vacíos. Y sabe (sabe muy bien) que de repente, cuando sus teléfonos paran de sonar, tendrá las horas contadas antes de que el torbellino de los negocios se lo lleve de nuevo. Mientras conversamos sabe que no le queda mucho tiempo. Tiene algunos minutos más y luego deberá hundirse de nuevo en los negocios. Pero así mismo, con calma y amabilidad, nos habla, nos escucha y nos sirve un gran desayuno.

Luca y nosotros: todo parece opuesto en los estilo de vida, y sin embargo nos entendemos: reconocemos los momentos difíciles que preceden y siguen a los momentos de calma; sabemos de la importancia de mantener la serenidad cuando en el camino aparecen dificultades; y conocemos lo que se siente después de haber subido una alta montaña por fuerzas propias.

Escribí este texto porque algunos minutos después de habernos despedido de Luca, Andrés se puso a mi lado con la bicicleta y me dijo que tenía una idea: un comienzo de texto para contar el encuentro que acabábamos de tener. El trato (inexorable) era que me lo diría sólo si me comprometía a escribirlo. Pero como a menudo hacemos bromas, tenía miedo de verme forzada a escribir algo completamente delirante. Mismo así acepté: « bueno… dale ». Y escuché.

La Spezia, 7 de septiembre del 2015.

Texto: Clémence Egnell
Foto y traduccion: Andrés Fluxa

A propos Clémence Egnell

Ce blog décrit, illustre et raconte des moments vécus sur ou à côté de nos vélos, sur les routes d'Europe, d'Asie et d'Amérique. Bonne visite ! Clémence Egnell et Andrés Fluxa
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Un commentaire pour Luca

  1. Berthelemot Brigitte dit :

    Bravo! nous vous suivons avec un intérêt croissant!!!!!!!!merci de nous faire voyager ainsi

    J'aime

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