Giorgos

Sa fine silhouette s’approche tranquillement. L’homme nous salue et demande d’où nous venons, d’une voix douce et grave. Puis il disparaît et revient avec deux pots de miel, produit par ses abeilles. « I’m a bee keeper ». Nous sommes au pied du mont Parnasse, élégant sous son chapeau de neige, imposant de ses larges flancs, dominant la mer d’une part, la vallée de Delphes d’autre part. Nous venons de passer la nuit à l’intérieur d’une église, parée d’icônes, illuminée de bougies flottant dans l’huile d’olive – un hommage aux dieux du coin. Nous avons dormi sur le carrelage froid, entourés d’un silence seulement rompu par le plissement des branches sous le vent. Une fois reposés, malgré tout, nous nous sommes arrêtés sur le bord de la route pour petit-déjeuner et là nous avons rencontré Giorgos, qui a mon age et la même barbe qu’Andrés.

Au fond : le mont Parnasse

Giorgos nous emmène voir ses ruches. Il parle de l’admirable société que forment les abeilles. Dans chaque ruche, environ 80 000 abeilles vivent autour de la reine, la seule qui puisse pondre. Les femelles sont travailleuses : dans la journée, elles collectent nourriture et eau, qu’elles rapportent dans la ruche. Chacune a sa place, chacune sait ce qu’elle doit faire et à quel moment. Sur les 350 ruches, regroupées par 40 ou 50, les abeilles savent reconnaître la leur. Les petites boites en bois sont peintes en couleurs pastels, bleu, violet, vert, jaune, blanc, des couleurs que les abeilles peuvent voir. Les mâles, qui représentent un dixième de l’ensemble, ne travaillent pas. Leur rôle est de maintenir la ruche à la bonne température de 30 °C.

Giorgos, en admiration devant ses abeilles, la mer et le mont Parnasse, nous confie qu’il ne pourrait pas faire autre chose « comme travailler dans un bureau. Avant, si, avant, j’aurais pu. Mais plus maintenant que je connais cette vie ». C’est beaucoup de travail et c’est dur « mais comme beaucoup d’autres boulots ! » Et dans cette entreprise, il est seul. Comme un berger à l’affût des meilleurs pâturages pour ses moutons, l’apiculteur déplace ses ruches de montagne en montagne, cherchant pour ses abeilles les bonnes fleurs. Puis, l’été, il les emmène toutes sur le mont Parnasse et de mai à septembre il recueille le miel et il est heureux !

Giorgos et ses ruches

Depuis le premier janvier, Andrés et moi lisons chaque matin une phrase d’Anselm Grün. Nous commentons, le soir, la « pensée du jour », à la lumière de notre journée. Et ce matin nous avons lu ceci : « Observe la nature. Si tu la regardes avec attention et respect, tu seras sensible aussi au mystère de ta vie. »

Thiva, Grèce. 7 janvier 2016
Athènes, 11 janvier

Texte : Clémence Egnell
Photos : Andrés Fluxa

A propos Clémence Egnell

Ce blog décrit, illustre et raconte des moments vécus sur ou à côté de nos vélos, sur les routes d'Europe, d'Asie et d'Amérique. Bonne visite ! Clémence Egnell et Andrés Fluxa
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Un commentaire pour Giorgos

  1. Amy Cousineau dit :

    I loved this post! Thank you. We met you in Kotor, Montenegro and we enjoy following your adventures!

    J'aime

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