Bouzkachi au bord du lac Son-Kul (photos)

Aujourd’hui, nous attendons trois équipes pour le bouzkachi. La première est là, assise par terre à l’ombre d’une voiture rouge déglinguée. Tout l’après-midi, à 3016 mètres qui est l’atltitude du lac Son-Kul, elle attend les deux autres. Peut-être pour rien : ici, pas de réseau téléphonique pour confirmer le rendez-vous.

Les joueurs de l’équipe qui reçoit sont maintenant à cheval. Mais ils ne s’affolent pas encore : ils sont assis, les épaules basses, à moitié voutés sur leur selle qui a l’air d’avoir vu 7 ou 8 générations de fesses kirghizes. Un joueur est taquin : dans un cri sauvage, il lance son cheval sur celui de son copain. D’autres s’échauffent : ils fouettent, hurlent, et disparraissent pour 500 mètres de galop fulgurant, puis ils reviennent, indifférent. Ils recommencent.

On comprend que l’attente vaille la peine : l’équipe gagnante remportera l’équivalent de 5 000 euros à se partager entre ses 8 joueurs. Quand les équipes retardataires arrivent, la tension monte on se redresse, on se toise, on se salue aussi, on rit un peu et on y va !

La chèvre fraichement décapitée est le centre d’attention du jeu, placé au milieu du terrain. À la mise en jeu, les capitaines des deux équipes, suivis de très près par le reste, se lancent pour l’attraper, première prouesse. Puis il faut emmener la bête sans qu’un adversaire ne l’arrache à l’extrêmité du terrain pour marquer un point. Le premier à 5 gagne la partie.

Un des joueurs de la première équipe est un de nos « contacts » (nous logeons chez sa famille). Nous souhaitons sa victoire. Nous voulons aussi qu’il ne rentre ni trop tard ni trop saoul parce qu’il nous a promis de nous emmener après le jeu dans sa voiture rouge près de la grande route, pour nous sortir de la zone du lac, très reculé.

Le jeu s’éternise, la revanche succédant à la partie avant de jouer la belle, nous repartons vers notre yourte et attendons là notre joueur. Nous ne l’avons pas vu rentrer : le jeu s’est terminé sous les étoiles. L’équipe gagnante – celle de notre ami – a fait rôtir la chèvre sûrement pleine de bleus et l’a dévorée arrosée de vodka.

09 août 2016, devant la frontière Kazakhstan – Chine (!)

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A propos Clémence Egnell

Ce blog décrit, illustre et raconte des moments vécus sur ou à côté de nos vélos, sur les routes d'Europe, d'Asie et d'Amérique. Bonne visite ! Clémence Egnell et Andrés Fluxa
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2 commentaires pour Bouzkachi au bord du lac Son-Kul (photos)

  1. Fabuleux, ma chère Clémence, ce voyage que tu nous fais faire avec Andres et toi! Et les photos!! Elles sont aussi belles que les textes!

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  2. armelle dit :

    impressionnant !!! bravo pour le Noir et Blanc très graphique ! Le photographe ne s’est il pas fait écrabouillé, au moins un tout petit peu par les sabots ???? quels zooms ! biz

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